Laboratoire Lettres, Langages et Arts (EA 4152)
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Le Mou et ses limites

le 22 novembre 2013

Journée d’études le 22 novembre 2013

Maatrix

Maatrix

Université de Toulouse-Le Mirail, maison de la recherche et La Fabrique

Programme de la manifestation
[PDF - 115 Ko]


Empruntant et détournant le célèbre titre de Maurice Fréchuret, Le mou et ses formes, la thématique de notre Journée d’études propose d’étudier non pas les formes, ni les matières, mais les limites liées à cet état des formes molles. Nous chercherons à comprendre le processus de dissolution qui active l’informe et anime d’inquiétantes métamorphoses. Nous approcherons notre sujet de manière pluridisciplinaire en croisant arts, design, littérature, théâtre et cinéma avec un corpus d’œuvres compris entre les XIXe et XXIe siècles.

La mollesse des nouveaux matériaux, que César et Gaetano Pesce ont pu expérimenter à leur époque, peut aujourd’hui attaquer les limites plastiques des volumes pour construire ces images d’un corps défait, dissout et mort. Les limites se déplacent insidieusement à travers le mou et le gluant et déterminent l’aspect contaminant des matières visqueuses : bouillies, mélasses, miasmes, moisissures, déjections morbides… L’appréhension du mou et de ses limites nous oriente a priori vers des rapprochements organiques, voire corporels. L’œuvre The Matrix of Amnesia de l’artiste John Isaacs (1998) représente ainsi une masse molle qui semble en cours de liquéfaction, une matière qui paraît être entre le liquide et le solide. Cette représentation qui attaque l’intégrité du corps peut nous évoquer une histoire extraordinaire d’Edgar Allan Poe : « la vérité sur le cas de M. Valdemar ». Cette histoire fantastique décrit comment un homme, plongé sous hypnose, reste vivant alors que son corps se décompose. L’enveloppe-peau est mise en tension : elle devient molle, élastique et la matrice paraît alors comme amnésique…

Le psychanalyste français Didier Anzieu développe avec le concept de « Moi-Peau » l’idée que la peau contient et soutient la structure psychique des individus. La peau est cette surface limite, cette interface avec le reste du monde. Mais l’extension de la peau ne viendrait-elle pas donner forme à une fin informe ? Les limites qui animent les formes molles alimenteraient un fantasme, un organisme autonome, un monstre gluant et dégoûtant. En abordant de manière ouverte ce que les limites du mou déplacent, nous chercherons à comprendre les réactions, l’abjection et l’horreur que peut provoquer, d’après Julia Kristeva, une fine peau à la surface du lait ; mais aussi le plaisir de pétrir de la pâte, de peloter un sein.

APPEL À COMMUNICATIONS À TÉLÉCHARGER ICI [PDF - 83 Ko]


Contacts : Emma Viguier & Céline Cadaureille


 

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