• Soutenances,

Soutenance de thèse de Marie Astier

Publié le 29 mai 2018 Mis à jour le 31 mai 2018
le 26 juin 2018

Présence et représentation du handicap mental sur la scène contemporaine française

Membres du Jury :
  • Anne-Françoise Benhamou, Professeur, Ecole Nationale Supérieure Arts Métiers Paris
  • Renaud Bret-Vitoz, Maître de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
  • Isabelle Ginot, Professeur, Université Paris 8 Vincennes
  • Olivier Neveux, Professeur, Ecole Normale Supérieure de Lyon
  • Muriel Plana, Professeur, Université Toulouse Jean Jaurès

Résumé :

Le handicap est aujourd’hui de plus en plus présent dans le monde de l’art. Ce phénomène est le plus souvent analysé dans la perspective de l’Art thérapie, dans laquelle le théâtre est envisagé comme un outil thérapeutique au service du patient. Cette thèse s’ancre dans une perspective très différente : elle étudie la question de la visibilité du handicap mental via une approche esthétique et politique, inspirée du courant anglo-saxon des disabilty studies, dans lequel le handicap est notamment analysé comme un phénomène social et culturel. La première partie est consacrée à un historique de la mise en visibilité de l’anormalité en général, à travers les phénomènes de foire et les cas pathologiques entre le XVIe et le XXe siècle, en Europe et aux États- Unis. Elle souligne que la visibilité de ce qui est aujourd’hui appelé handicap a toujours joué sur l’ambiguïté entre la présentation et la représentation. La deuxième partie se concentre sur le théâtre contemporain et analyse les conditions de mise en audibilité du handicap mental dans trois spectacles des années 2010 : Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit mis en scène par P. Adrien, L’Empereur c’est moi mis en scène par V. Poirier et Rendezvous gare de l’Est mis en scène par G. Vincent. Interprétées par des comédien.ne.s considéré.e.s comme valides, ces trois propositions artistiques prennent le handicap pour thème et le présentent sous la forme d’un partage d’expérience. Il y apparaît comme un écart à une norme sociale, qu’il contribue alors à mettre en question. La troisième partie est consacrée à des spectacles exclusivement interprétés par des comédien.ne.s en situation de handicap mental, dans lesquels celui-ci devient une ressource esthétique, tant au niveau de la dramaturgie, que du jeu d’acteur ou de la mise en scène. Des créations de la Compagnie de l’Oiseau-Mouche, de l’Atelier Catalyse et du Theater HORA, ainsi que les discours portés sur elles, sont ainsi analysées et comparées.