Les personnages « féminins » dans les réécritures féministes : dramaturgie, esthétique et politique des classiques à la scène

Publié le 22 octobre 2020 Mis à jour le 5 novembre 2020
du 22 octobre 2020 au 4 janvier 2021

15e Journée d'étude des doctorant.e.s

Cette journée d’étude s’intéresse aux différents procédés (esthétiques, dramaturgiques et scéniques) permettant de ré(é)crire les pièces et spectacles « classiques » (européens et extra-européens) à partir de perspectives féministes. Définis comme des « données reconnues instituées en valeurs », lesquelles font consensus dans un contexte de réception spécifique, les classiques sont en effet des récits dominants qui peuvent légitimer un système patriarcal, lui-même fondé, entres autres, sur la normalisation du genre « féminin ». La ré(é)criture supposerait donc l’intention de produire de nouveaux discours - fondés ou non sur une matrice textuelle, dans sa capacité à décentrer, déconstruire, « dérégler » et réinventer ces représentations.

Les ré(é)critures peuvent ainsi utiliser les mêmes « structures thématiques » que les classiques, et des récits culturels dominants que ces derniers peuvent reconduire, en y apportant toutefois « de nouveaux matériaux, de nouveaux contenus, de nouveaux personnages [...], de nouvelles questions et de nouveaux thèmes tirés du monde contemporain et de ses aménagements sociaux ». Nous serons particulièrement attentif·ve·s à la manière dont les critères esthétiques et dramaturgiques (rôles, discours, action, occupation de l’espace scénique) sont corrélés aux normes politiques et sociales, que les classiques peuvent entériner ou reconduire. Dans cette perspective, la subversion de ces critères esthétiques peut aider à la formulation d’un contre-discours – afin de critiquer et de déconstruire les attributs, injonctions, et déterminations assignées aux personnages considérés comme « féminins ».

Dans la continuité des études esthétiques et des études de genre menées par le laboratoire LLA-CRÉATIS, nous nous demanderons quelles stratégies esthétiques et dramaturgiques peuvent être mobilisées pour remettre en cause la « légitimité » et « l’évidence » de ces normes sociales, pour s’affranchir des définitions qui cloisonnent les genres, et pour inventer ainsi de nouveaux « devenirs individuels et collectifs ».
Différentes perspectives féministes peuvent être mobilisées (matérialiste, queer, black feminism, afroféminisme…), le genre étant construit à l’intersection de différents rapports de domination (telle que « la race » et « la classe »), et parce que les outils de lutte et d’émancipation divergent selon les différentes situations et expériences. D’autre part, cette hétérogénéité des points de vue s’offrira comme une richesse permettant d’éviter de circonscrire notre réflexion à un féminisme « blanc », aux portées universalisantes.

 
La rencontre est programmée le 20 mai 2021 à l'Université Toulouse Jean Jaurès


Pour visualiser l'appel à contribution, merci de cliquer ici.

Calendrier :

Les propositions de communication (titre et résumé, entre 250 et 500 mots), accompagnées d’une notice bio-bibliographique d’une dizaine de lignes, sont attendues pour le lundi 4 janvier 2021 et doivent être transmises à cette adresse : je.llacreatis@gmail.com
Les communications gesticulées, ou les propositions de mises en voix et en espace de textes dramatiques, seront également les bienvenues.