« La retraduction : lieu et moment d’interprétation. Pour une histoire culturelle de la subjectivité en retraduction » (3/4)

Publié le 17 janvier 2020 Mis à jour le 17 janvier 2020
le 27 février 2020
de 14h00 à 17h00

Université Toulouse-Jean Jaurès
Maison de la Recherche - Salle D31

 

Séminaire ED ALLPH@

La retraduction est fille de la subjectivité, cette subjectivité étant elle-même fille de l’histoire : elle est « lieu et moment d’interprétation » comme le soulignait Yves Gambier en 1994 dans sa remise en question de l’hypothèse de retraduction d’Antoine Berman.
Ce séminaire doctoral pluridisciplinaire propose de saisir la retraduction comme une pratique et un objet historiques et subjectifs à délier de la vision téléologique qui fait de chaque retraduction une étape dans la poursuite d’un Graal qui reposerait sur ce mouvement spiralé qu’est le retour idéalisé à l’origine, au texte originel, et de dépasser l’idée d’un vieillissement des traductions qui ne suffit plus à justifier la série retraductive dès lors que le préjugé sur lequel elle repose vacille : les originaux ne restent pas éternellement jeunes.
L’historicité du canon et la pratique de (re)lecture au cœur de la retraduction interrogent les séries retraductives et les retraductions en réseaux dans leur lien à l’ouverture des œuvres et à leur pluralité discursive. Comme détour et reprise, la retraduction se déploie tel un espace critique qui engendre sa propre réflexion. Repenser la retraduction des œuvres littéraires et des sciences humaines et sociales dans son histoire et son insertion dans le champ des savoirs permet également de réintégrer le retraducteur dans une approche traductologique polysystémique.
Plaisir de la variation dans la conformité, renouvellement des traces dans la mémoire culturelle, défi subjectif lancé au canon, la retraduction s’impose comme espace d’hybridation synchronique et diachronique. Les conférences de ce séminaire s’efforceront de découvrir ces lieux et moments historiques de la pratique, de la théorisation et de la critique des retraductions au prisme de la part et des effets de la subjectivité du retraducteur.
 
Séance 3 : Antonella CAPRA (Université Toulouse Jean Jaurès, IL LABORATORIO) « Bodas de sangre - Nozze di sangue – Bodas de sambene : des retraductions au service du théâtre ? »