Femmes criminelles et crimes de femmes en Espagne (XIXe et XXe siècles)

Publié le 8 juillet 2011 Mis à jour le 16 octobre 2012

de Solanges Hibbs

n°14 - Revue HISPANIA

Auteure
:
Hibbs S.
Date de parution
: 2011
ISBN :  978-2-87282-789-3

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Résumé :

Au cours du XIXe siècle et même au début du XXe, si l'on doute de la capacité des femmes dans de nombreux domaines, on ne les juge pas incapables de commettre un délit et les juristes justifient l'inégalité du traitement selon les sexes. La déviance, quelle que soit sa forme, s'accompagne d'une sanction morale et physiologique. Et la femme, qu'elle soit victime ou criminelle, est toujours reléguée dans un statut inférieur. La sexualité des femmes fait donc l'objet d'une attention toute particulière comme en témoigne une abondante littérature scientifique, médicale. Dans la deuxième moitie du XIXe siècle et au début du XXe, les progrès de la science, l'essor de l'anthropologie et de la criminologie constituent le soubassement d'une réflexion sur les délits des femmes et sur les sanctions qui s'imposent. La femme criminelle attente doublement à l'ordre établi par son acte et par son être : son crime est la négation de sa féminité et la femme criminelle est « un monstre moral ». Dans la galerie des criminelles, la femme « tentatrice » est privilégiée. À une époque ou la morale sociale est le fondement de l'ordre bourgeois et ou comportements codifiés et normes envahissent les sphères privée et publique, la femme sexualisée devient vite une femme infâme. La figure monstrueuse de la femme, mélange de sexe et de mort hante toute la période. Une abondante littérature scientifique, juridique, romanesque et théâtrale tente de cerner les stigmates du crime et de la folie ; la presse relaye avec complaisance les faits divers sanglants et l'intérêt avec lequel le public les accueille. Philosophes, écrivains, spécialistes en droit criminel et médecins se rejoignent dans cette curiosité et cette fascination pour le crime parce qu'il fait peur et horreur à la fois. Dans cet ouvrage une attention particulière est prêtée aux tentatives de codification des délits, aux explications parfois pseudo-scientifiques de ce qui est considère comme une déviance, au discours d'une certaine presse qui alimente l'imaginaire collectif et aux représentations des crimes sexuels féminins dans la littérature des XIXe et XXe siècles.