Langages et cultures en science-fiction sous l'angle du politique

Publié le 17 avril 2026 Mis à jour le 17 avril 2026
le 29 mai 2026
à partir de 9h00

Salle D155
Maison de la recherche
Campus Mirail - UT2J

Journée d'étude

Conformément aux thématiques proposées de 2022 à 2025, le séminaire « Fictions de mondes possibles » s’est attaché à explorer quelques-uns des aspects du politique dans la science-fiction, entre particularités civilisationnelles, perspectives pessimistes (dystopies), ou optimistes (« hopepunk », « solarpunk »). Cette journée d’études est un point d’orgue dans le déroulement du séminaire.
Toujours sur le terrain d’investigation qu’est le politique (une dimension centrale de la « fiction spéculative »), le séminaire se penche maintenant sur les langages en action dans les récits mettant en scène des cultures de sociétés « autres ». Il s’agit de voir comment apparaissent et s’organisent des éléments linguistiques particuliers selon les époques et les œuvres, soit en tant que vecteurs de communication dans les récits, soit en tant qu’éléments stylistiques (avec l’introduction d’éléments de langage spécifiques, scientifique, humoristique, etc.) dans la poétique d’une œuvre ou d’un auteur, d’une autrice.
De fait, le langage peut devenir dans les relations sociales un instrument privilégié de pouvoir, destiné à la fois à masquer la véritable nature d’un régime et à manipuler esprits et consciences. À l’inverse, la parole peut aussi mettre à jour une vérité occultée (comme chez Aldous Huxley et George Orwell) ou être un moyen de résistance ou de libération (le láadan de Suzette Haden Elgin).
La créativité linguistique des auteurs de fiction spéculative, quel que soit le média retenu, est un instrument substantiel. Onomastique, néologismes ou jeux de mots s’avèrent être des terrains privilégiés d’exploration et d’illustration de cette créativité (cf. Stanisław Lem). Ces aspects deviennent parfois des ressorts principaux de la fiction, comme en témoignent les récits de Fredric Brown ou Robert Sheckley. Et dans l’optique d’une poétique de la fiction spéculative, divers éléments peuvent être considérés comme un langage à part entière au sein duquel, chez chaque auteur, lieux communs, motifs et figures sont reconfigurés pour constituer des formes d’expression nouvelles (notamment dans la New Wave, le cyberpunk, le steampunk,
ou l’afrofuturisme).
Les œuvres considérées appartiennent à différentes aires, géographiques et linguistiques, et les analyses s’appuient sur un ou plusieurs auteurs, une ou plusieurs œuvres. Divers types de récits sont envisagés – romans ou nouvelles, films, séries vidéo et bande-dessinée –, et étudiés selon des optiques multiples – historique, politique ou sociologique –, en intégrant les apports possibles de différents domaines (anthropologie, sémiotique, études féministes et postcoloniales, linguistique, etc.).


Le programme de la rencontre est disponible sur ce lien