Matière à penser ... les publics

Publié le 13 mars 2026 Mis à jour le 13 mars 2026
le 18 mars 2026
à partir de 9h00

Salle F422-423 - Maison de la Recherche
Université Toulouse Jean Jaurès

Journée d'étude

Cadrage théorique :
Nous déplorons que cela soit devenu un marronnier depuis le Covid : la presse annonce régulièrement une baisse de fréquentation des salles de cinéma et du spectacle vivant. Pourtant “l’ère pré-covid” annonçait déjà des signes d’essoufflement ou de désintérêt des publics. Les causes sont assurément multifactorielles. La socio-historienne Marjorie Glas dans son ouvrage Quand l’art chasse le populaire. Socio-histoire du théâtre en France depuis 1945, montre que le processus de rupture entre théâtre public et public lui-même a déjà commencé en 1968, lorsque les directeurs des maisons de la culture et des théâtres populaires signent la Déclaration de Villeurbanne, déplorant l’éloignement du théâtre et des classes populaires et plaidant pour un renforcement des liens entre création et action culturelle.

Mettant au jour les logiques de cette évolution, Marjorie Glas montre comment la pente vers l’avant-garde, l’innovation esthétique, la professionnalisation, l’affirmation de figures dominantes (comme le metteur en scène ou le programmateur), a joué contre l’animation culturelle, reléguant au second plan l’utilité sociale du théâtre public.

C’est à partir de cet historique de la désaffection des publics populaires, du double constat qu’un certain théâtre public actuel peine de plus en plus à rencontrer un public populaire, et peine également à jouer des pièces politiquement engagées ailleurs que devant un public aguerri et déjà convaincu, que les étudiant.es de Master 2 de recherche (ETCC) et recherche-création (EDCS) ont commencé à mener des recherches dans le cadre du séminaire de Master 2 de Flore Garcin-Marrou.

Dans cette dynamique de faire de la question des publics une question de création, les travaux de réflexion personnels des étudiant.es, que ce soit en recherche ou en recherche-création, ont permis l’élaboration d’un regard générationnel, critique et situé, montrant sous différentes approches qu’aujourd’hui la question qui est posée n’est pas seulement la rupture du théâtre avec les classes populaires, mais celle de la reconfiguration des missions du théâtre public, et la tension entre création, programmation, médiation et action culturelle.

Ainsi, que reste-t-il des promesses fondatrices du théâtre public dans les pratiques contemporaines ? Comment différents lieux s’en font-ils le relais ? Comment faire en sorte que l’utilité sociale du théâtre soit une question que se pose l’artiste dans le processus de création - et que cette question ne soit pas réservée à la médiation et à l'animation ?

Le programme de la rencontre est disponible sur ce lien