Supports, gestes, écritures : pratiques et poétiques

Publié le 19 mai 2026 Mis à jour le 19 mai 2026
le 21 mai 2026
à partir de 16h15
Salle GA131 - Bâtiment Gai Savoir
Campus Mirail
Université Toulouse Jean Jaurès

Séminaire (PLH / LLA-CRÉATIS)

Nous aurons le plaisir d'écouter Magali Tritto, doctorante en littérature comparée à l'UT2J (laboratoire PLH) et à l'université de Bourgogne-Europe (laboratoire CPTC).

Sa communication s'intitulera :
"Esta es la mano que cuida. Ecriture et activités compagnes chez les poétesses contemporaines."
Les figurations de mains, de gestes de la main occupent une grande place dans la poésie rurale contemporaine française et espagnole. L’obsession de la main qui écrit parmi d’autres gestes questionne l’écriture comme forme d’activité corporelle, charnelle – manuelle – et non pas seulement intellectuelle. Elle relève d’une vraie préoccupation éthique qui est celle de ce que peut l’écriture, l’exercice du langage, quant à la matière du monde. Maria Sanchez multiplie les allusions à la main qui panse des animaux malades, qui sème, qui bouture ou greffe, qui cuisine, qui tisse, en même temps qu’elle évoque sa propre main qui écrit ; Laetitia Gaudefroy, Maria Dolors Millat, Estello Ceccarini, Aurélie Olivier, Juliette Rousseau, toutes représentent des gestes de la vie rurale qui lient ou délient au monde, et qui disent les activités compagnes, parallèles à l'écriture, qui nourrissent et infléchissent celle-ci. Les recueils figurent, ainsi, les gestes matériels (quels espaces? quelles pratiques?) de l'écriture, qui disent un fantasme de toucher directement le monde (Hortense Raynal, « pour faire poésie, il faut creuser »), y semer ou le soigner, comme peuvent le faire les travaux paysans (des grand-parents, des voisins des poétesses) dont la poésie se donne comme filiation, prolongement.