• Soutenances,

Soutenance de Olga Panella

Publié le 11 septembre 2026 Mis à jour le 11 septembre 2026
le 18 septembre 2026
à 14h00
Campus Mirail - Maison de la Recherche - Salle D29
Université Toulouse Jean Jaurès

Malherbologies des mondes de l’art : Pratiques en friche, réseaux, archives


Membres du Jury :
  • Mme Katrin Gattinger, PR Arts plastiques et Sciences de l’art, Université de Strasbourg
  • M. Éric Valette, PR Arts plastiques, Université de Picardie Jules Verne
  • Mme Audrey Marco, MCF en Écologie végétale, École Nationale Supérieure du Paysage, Marseille
  • M. Patrick Barrès, PR Arts plastiques, Arts appliqués UT2J
  • Mme Sophie Lécole Solnychkine, PR Esthétique, UT2J

Résumé :
Cette thèse propose de questionner les liens qui se jouent dans ces lieux particuliers qu’on appelle les friches : squats, ZAD, lieux autogérés et possédés collectivement, entre ville et campagne,
lieux en déshérence traversés le temps d’un instant ou occupés pour de longues années.
Il s’agit d’expérimenter les fragments et les dépôts de ce qui rend la friche artistique matérielle, ainsi que d’analyser les traces des artistes qui l’habitent ou la traversent. Cette thèse ambitionne
de questionner ce qui fait friche ou marge dans l’art, en défendant la diversité des écosystèmes artistiques et des initiatives citoyennes, à partir d’une reconsidération des matériaux mêmes de la pratique artistique, pour la mettre elle-même en friche.
Les friches écrivent leur propre histoire, depuis leur marginalité. Comment l’art en friche redéfinit-il les notions de création, d’autonomie, de diversité et de constitution d’archives populaires, dans un monde qui se détruit ? En quoi les friches artistiques questionnent-elles notre manière d’être au monde ? En quoi permettent-elles de repenser la pratique de l’artiste,
où faire atelier et faire société se confondent ?
Ce travail prend appui sur des expériences de terrain (friches de Toulouse, Saint-Étienne, Marseille, Naples, Berlin, Montréal), sur la constitution d’archives (documents existants et produits), et sur la construction d’une pensée végétale qui irrigue la thèse dans son ensemble. Par une approche transdisciplinaire mêlant les postures d’ethno-botaniste apprenante, d’artiste-chercheuse et de militante, et selon une méthodologie de création-recherche qui croise les aspects archivistiques et artistiques, cette thèse vise à questionner l’opérativité heuristique du « végétal sauvage » dans un travail de recherche en Arts plastiques. Il s’agit de développer une forme du penser et du faire adventice, à partir d’une critique du « mauvais » malherbologique : des mauvaises herbes aux mauvaises gens, pour aller jusqu’à mettre en question ce que serait le « mauvais art », à une époque où artwashing et greenwashing dominent.
Cette thèse conjugue deux apports principaux. D’abord, la thèse interroge l’ethos de l’artiste à travers l’analyse de gestes et de procédés, plaçant au coeur de l’effort une « radicalité » (déclinée selon son étymologie racinaire) écologique inspirée des pratiques du punk et des personnes vivant la friche, de manière choisie ou subie. Ensuite, cette thèse souhaite démontrer la richesse d’une approche critique de la malherbologie, dans la mise en lumière de la diversité des mondes de l’art, et dans leur nécessaire préservation dans une époque d’expulsions massives.
Elle démontre que les friches sont productrices et vectrices de réseaux de construction et circulation de savoirs mais aussi de soins. Elles ne sont pas de simples terrains mais des actrices d’une société plus démocratique, s’inscrivant dans une forme de discorde créative nécessaire