- Soutenances,
-
Partager cette page
Soutenance de thèse de Gabriela Acosta Bastidas
Publié le 28 novembre 2025 – Mis à jour le 28 novembre 2025
le 1 décembre 2025
Université Toulouse Jean Jaurès
à 14h00
Campus Mirail - Maison de la Recherche - Salle D29Université Toulouse Jean Jaurès
Femmes en migration, espaces de création et parcours polyphoniques en recherche-création
Membres du Jury :
- Mme Antonia AMO SANCHEZ, Rapporteure, Universite Avignon
- Mme Isabelle RECK, Rapporteure, Université de Strasbourg
- Mme Arianna Berenice DE SANCTIS, Examinatrice, Université Côte d'Azur
- M. Bernard MULLER, Examinateur, EHESS
- Mme Monique MARTINEZ-THOMAS, Directrice de thèse, Université Toulouse Jean Jaurès
- Mme Flore GARCIN-MARROU, Codirectrice de thèse, Université Toulouse Jean Jaurès
Résumé :
Cette thèse-création, analyse divers processus collaboratifs afin d'établir des principes créatifs et théoriques permettant de concevoir un espace artistique spécifique pour les femmes en situation de migration. Il s'agit d'une démarche hybride transdisciplinaire qui mobilise l'ethnographie, les études de genre, les études migratoires et les arts du spectacle dans le but de comprendre à la fois les apports des pratiques artistiques aux femmes en migration et les contributions de ces dernières à une nouvelle lecture de l'espace scénique.
La thèse analyse divers terrains ethnographiques et artistiques qui incluent son autrice en tant que sujet-objet d’étude, dans un exercice de réflexivité et de décentrement qui vise la réciprocité dans un dialogue de savoirs avec les personnes participantes. La restitution adopte une forme d’écriture auto-ethnographique affective, partant d'une analyse du parcours de l’autrice, artiste chercheuse en migration, elle retranscrit la rencontre avec la pluralité des réalités et des trajectoires complexes de femmes en migration, comme sujets créateurs dans la société et sur la scène.
À la recherche de la parole de ces femmes au-delà des images réductrices et des stéréotypes, cette étude constate l’absence d'espaces sociaux où elles sont considérées comme sujets créateurs et l’existence d’un vide théorique sur leurs représentations.
Les expériences décrites ici s’élaborent et circulent dans des espaces liminaux et exigent la démultiplication des fonctions et la négociation constante des identités de la chercheuse (Je créatrice, je artiste-chercheuse, je artiviste). Elles comportent plusieurs dispositifs de création d’espaces.
Le vécu commun du dis-territoire renvoie à la nécessité de la construction d’espaces d’appartenance, qui mettent en lumière et facilitent l’action et l’auto-organisation des femmes en migration. La conceptualisation d’un espace pour elles, issue de la pratique, des observations de terrains et des connaissances théoriques, se place dans une démarche scientifique, dans laquelle l’approche ethno-dramaturgique guide la construction de récits scéniques qui aident à mieux comprendre les
phénomènes de migrations de femmes.
À travers les poétiques des itinérances, les récits scéniques, les corps-territoires, les imaginaires et les paroles de ces actrices de la migration, la démarche de recherche-création proposée prend appui sur la pensée critique des féminismes latino-américains et se veut perméable au raisonnement sensible comme ressort d’une pensée en mouvement.
Le recueil des besoins, des attentes et des apports des femmes en migration rencontrées a changé la perspective initiale de l’enquête effectuée dans « la scène comme terrain». Traversée par des enjeux sociaux et culturels, celle-ci a généré des connaissances situées qui, témoignant d’un désir de territorialisation ont fait surgir le concept d’une scène-territoire.
Il s’agit d’un territoire symbolique où la scène s’envisage comme un lieu de recomposition des rapports aux mondes et à soi. À l’image des hétérotopies définies par Foucault, la scène-territoire peut s’inscrire dans le réel (Ad-territoire) et au-delà dans un versant utopique (Ut-territoire) elle serait le lieu de la diversité des temps et des espaces où la mémoire transmise sur la scène dramaturgique par les communautés éphémères des femmes en migration existera en tant qu’archive du présent en train de se construire.
Mots clefs : recherche-création - sujet-objet d'étude - femmes en migration – transdisciplinarité - ethno-
dramaturgie - dialogue de savoirs - savoirs situés - récits scéniques - corps-territoire- dis-territoire-
scène comme terrain - espaces liminaux – hétérotopie- scène-territoire.